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Graphique et représentation de la réalité : la Grande Accélération

Posté le mardi 29 décembre dans Limites planétaires

On le sait, la carte n’est pas le territoire et le concept de chien n’aboie pas : tout graphique qui vise à représenter la réalité est forcément imparfait. Mais il y a imparfait et imparfait : le graphique ne doit pas tromper ; et pour cela, il y a des règles à respecter : par exemple, on sait que l’œil perçoit bien les rapports de longueur, beaucoup moins bien les rapports de surface. On sait aussi qu’en jouant sur les échelles des axes du graphique, on peut lui faire dire beaucoup de choses…

Je vais illustrer ceci à partir des graphiques bien connus de ce que l’on a appelé la « Grande Accélération ».

great_acceleration

Source : La Grande Accélération

La Grande Accélération, c’est l’explosion quantitative, au milieu du siècle dernier, d’un grand nombre de grandeurs importantes pour la biosphère, comme l’illustre le graphique ci-dessus.

12 indicateurs à l’échelle du monde décrivent l’activité humaine, par exemple la croissance économique (PIB), la population, les investissements directs à l’étranger, la consommation d’énergie, les télécommunications, le secteur des transports et la consommation d’eau. 12 autres indicateurs à la même échelle sont relatifs à des composants environnementaux principaux du système Terre, par exemple le cycle du carbone, le cycle de l’azote, l’érosion de la biodiversité. L’ensemble montre qu’à partir de 1950, les changements du système Terre sont étroitement corrélés à ceux du système économique global.

Et pourtant, les choses sont un petit peu plus compliquées, non pas que l’on remette en cause la Grande Accélération, car il est évident que l’explosion et de la population mondiale et de la consommation du monde occidental après la 2e guerre mondiale a fortement impacté le système Terre, mais simplement que pour certaines grandeurs on peut apporter des nuances au tournant que représenteraient les années 50. Les auteurs fournissant les données de base (http://www.igbp.net/news/pressreleases/pressreleases/planetarydashboardshowsgreataccelerationinhumanactivitysince1950.5.950c2fa1495db7081eb42.html), il est facile de construire des graphiques légèrement différents, conduisant pour certaines données, pas pour toutes, à nuancer le tournant que représenteraient les années 50.

igbp_log_pop

igbp_log_gdp

igbp_log_dams

igbp_log_forests

igbp_log_biosph_degradation


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Commentaires Précédents

  • Yasmina Khaznawi dit :

    L’association Adrastia, parrainée notamment par le philosophe Dominique Bourg, se permet de prendre contact avec vous aujourd’hui en accord avec sa volonté de favoriser les échanges d’informations et de compétences relatifs à la fin de la disponibilité de l’énergie et des matières premières à faible coût, ainsi qu’à la destruction de l’équilibre écologique vital. Adrastia est l’une des rares organisations actuelles à prendre en compte et compiler, avec réalisme et lucidité, les travaux scientifiques de haut niveau (Gail Tverberg, Ugo Bardi, Jean-Marc Jancovici, etc…) démontrant l’amorce d’un déclin des possibilités d’existence pour l’humain. Loin de tout fatalisme, nous cherchons à multiplier les communications à ce sujet afin d’informer le plus de monde possible, et d’encourager chacun à préserver malgré la déplétion les meilleures conditions de vie pour tous.
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